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« Solitude de l’entrepreneur : comprendre l’isolement décisionnel et en sortir »

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« Solitude de l’entrepreneur : comprendre l’isolement décisionnel et en sortir »

On parle beaucoup de la solitude de l’entrepreneur, presque toujours du mauvais côté : celui du manque de compagnie. Ce n’est pas le sujet. Beaucoup de dirigeants sont très entourés, ont des associés, une équipe, un réseau actif, et vivent exactement ce dont il est question ici.

Le vrai sujet porte un nom plus précis : l’isolement décisionnel. Pas être seul. Être le seul à trancher.

Qu’est-ce que l’isolement décisionnel de l’entrepreneur ?

Quand vous étiez salarié, même à un poste à responsabilité, il existait toujours un cran au-dessus. Quelqu’un validait, arbitrait, ou au minimum partageait la responsabilité du résultat.

Le jour où vous créez, ce cran disparaît. Définitivement. Chaque décision qui engage vraiment quelque chose, un recrutement, une renégociation, l’arrêt d’une offre, un désaccord avec un associé, remonte jusqu’à vous et s’arrête là.

Vous pouvez demander des avis, et vous en demandez. Mais un avis n’est pas un partage de responsabilité. Celui qui vous conseille ne portera pas les conséquences. Vous le savez en l’écoutant, et c’est précisément pour ça que l’avis soulage moins qu’on ne l’espère.

Les trois signes que la solitude entrepreneuriale vous coûte cher

La décision reportée. Un arbitrage évident sur le papier reste en suspens pendant des semaines. Vous le savez, vous vous en voulez, et vous ne le tranchez toujours pas. Ce n’est pas de la lâcheté. C’est ce qui arrive quand le coût mental d’une décision dépasse ce qu’il vous reste de disponible.

Le syndrome de l’imposteur. L’entreprise marche, les clients reviennent, et une partie de vous continue de penser que ça tient à la chance et que ça finira par se voir. Ce doute n’a aucune corrélation avec les résultats. Il est souvent plus fort chez ceux qui réussissent, parce qu’ils ont davantage à perdre.

L’auto-sabotage. Vous laissez passer l’opportunité qui aurait changé d’échelle. Vous ne relancez pas le gros prospect. Vous sur-préparez une décision au point de rater la fenêtre. Vu de l’extérieur c’est incompréhensible. Vu de l’intérieur, c’est une protection : ce qui n’est pas tenté ne peut pas échouer publiquement.

Pourquoi les conseils habituels ne suffisent pas

Face à ces trois situations, on propose en général de la stratégie, des outils, de l’organisation. Un meilleur CRM, une meilleure méthode de priorisation, un mentor qui dira quoi faire.

Ça ne rate pas parce que c’est mauvais. Ça rate parce que ça répond à la mauvaise question. Vous savez déjà quoi faire dans la majorité de ces situations. Ce qui bloque n’est pas l’information, c’est l’état dans lequel vous l’utilisez.

Ce que la préparation mentale du sport de haut niveau apporte

Le sport a réglé cette question depuis longtemps, en la sortant de la préparation technique.

Un athlète de bon niveau connaît parfaitement son geste. Ce qui fait la différence le jour de la compétition, ce n’est pas ce qu’il sait, c’est sa capacité à l’exécuter quand la pression est là et que le temps manque. Personne, dans le sport, n’imagine que le sang-froid arrivera tout seul parce que l’athlète est bon. On l’entraîne, avec des protocoles, en amont, et sur la durée.

L’entrepreneuriat fonctionne à l’inverse. On sélectionne des créateurs sur leur expertise et leur énergie, on les place dans une incertitude permanente, et on suppose que la lucidité suivra.

Comment sortir de l’isolement décisionnel : quatre leviers

Nommer l’état avant de décider. Apprendre à repérer le moment où votre lecture d’une situation est déformée par la fatigue plutôt que par les faits. C’est la compétence la plus rentable de la liste.

Se donner un protocole d’avant-arbitrage. Une routine courte et toujours la même, qui ramène à une lecture nette avant une décision qui engage. Le sport appelle ça une routine de performance.

Séparer le doute de la décision. Le doute est une information sur votre état, pas sur la qualité de l’option. Les confondre est ce qui produit les décisions reportées.

Se ménager un espace sans conséquence. Un endroit où poser vos doutes sans qu’ils coûtent quelque chose. C’est structurellement impossible avec un associé, une équipe ou un investisseur, et c’est pour cette raison qu’il faut le construire ailleurs.

Quand se faire accompagner

Le réflexe répandu consiste à attendre que ça aille mal. C’est le pire calendrier : ce travail se construit mal en pleine crise, exactement comme un athlète ne prépare pas sa gestion du stress la veille de la compétition.

Autant être direct sur le rythme : ce n’est pas un déclic obtenu en deux séances. C’est un entraînement, il s’installe sur plusieurs mois, comme toute compétence destinée à tenir sous pression.

L’isolement décisionnel n’est pas un défaut de caractère et ce n’est pas une étape à traverser en serrant les dents. C’est une conséquence mécanique du poste. Le traiter n’est pas un aveu de faiblesse, c’est le même réflexe qu’un athlète qui s’entoure pour tenir une saison. J’ai construit un accompagnement pensé pour les entrepreneurs autour de ces quatre leviers, et j’en détaille le déroulé.

Arnaud Hursin est préparateur mental pour dirigeants et entrepreneurs. Il applique la discipline du sport de haut niveau à la décision en entreprise, en présentiel à Rennes ou en visio.

José PEREZ
José PEREZ

José PEREZ est un entrepreneur passionné avec plus de 12 ans d'expérience dans la création et le développement de startups prospères. Titulaire d'un MBA en gestion d'entreprise, José a fondé plusieurs entreprises dans divers secteurs, allant de la technologie à l'e-commerce. Sur son blog dédié à l'entrepreneuriat, il …

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